Après avoir eu mon bac commerce au rattrapage dans l' Est de la
France, je décidais donc de partir en faculté de Droit pour devenir
quelqu'un car je ne savais absolument pas quoi faire de ma vie.
Ces années ont été un véritable purgatoire pour moi où j'ai
passé plus de temps à aller boire des cafés au Centre Ville plutôt
que d'aller à mes cours.
Décidant que le monde des études n'était plus pour moi je me
suis mis donc en tête de trouver un job et de grimper les
échellons. Et me voici en train de distribuer des PARU VENDU tout
en étant inscrit à la fac.
Je déserta la fac pour consacré à plein temps de mon nouveau
job, où j'avais des horaires que je faisais moi-même et je me
retrouvais souvent en Week-end le jeudi matin à 9H.
Gagnant assez bien ma vie, j'ai donc commencé à acheter des
livres sur l'écriture de scénario et de commencer à écrire mon tout
nouveau projet : V.H.S.
Mais le travail de scénariste en herbe étant long, laborieux et
étant victime de la page blanche, j'écrivais quand j'avais un peu
de temps libre car mon job commença à devenir un véritable
enfer.
Finalement, au bout d'un an de boulot chez eux, je décida de
démissionner apèrs avoir été dans le bureau de mon chef avec une
batte de Baseball.
Etant enfin libre, je resta 3 semaines en repos bien mérité.
Quand un cousin lointain m'appella pour me dire qu'il voulait faire
un court-métrage. Sautant avec un enthousiasme affolant sur
l'occasion.
Mais là où je ne m'y attendais pas, c'est que ce n'était pas un
simple court-métrage avec une caméra Dv que l'on allait faire mais
belle et bien un court-métrage en pellicule avec des moyens
professionnel.
On alla donc voir un chef opérateur et cinéaste qui a une petite
association du nom de TRAVELLING et nous guida pour trouver un
financement pour l'équipe et le tournage.
Budgeté à 15 000 € qui est déjà énorme quand on est dans le
vif du sujet surtout pour de simple gars qui rêve de cinéma à
longueur de journée. On est dans la réalité et non plus devant les
bonus de DVD.
Le cousin a eut un COURAGE qui m'a forcé un respect sans égal.
Il décida de financer lui-même le projet du nom de "
File " . En effet, comme il est opérateur
projectionniste, financer 15 000 € de sa poche est quand même
sacrément culoté.
L'histoire est assez classique, mais idéal pour un premier film
en Super 16mm. File parle d'un tueur qui a
récupéré une auto-stoppeuse sur le bord d'une route et qui décida
de la tuée dans un bois où se trouve un couple qui est là au
mauvais moment. Très classique donc.
Etant aussi sur la révision du scénario avec le cousin, nos
rêves ont commencés à se confronter à la réalité et on a vu pour la
première fois la difficulté que représente une pré-production de
film.
A la base, je devais faire les effets spéciaux. Nécessitant pas
énormément de technique poussée, je me plongea avec joie dans ce
domaine. Malheureusement, le chef opérateur n'avait pas
d'assistant-réalisateur de disponible pour le projet. Et me voilà
donc au poste d'assistant-réalisateur alors que je n'y connaissais
strictement rien que ce soit au niveau de l'organisation d'un
tournage, ni de l'éclairage, ni du cadrage ni de quoique ce soit à
part bien sûr, les quelques livres que j'avais lu et pratiqué pour
l'écriture de mon V.H.S.
Avec les quelques économies que j'avais de mon ancien boulot, je
décide de m'acheter une dizaine de livres concernant la
réalisation, le cadrage, le boulot d'assistant-réalisateur, sur la
prise de son, la mise en scène, le storyboard...Lisant les
essentiels pour me sentir prêt à franchir le cap et surtout
apprendre comment on fait un dépouillement de scénario avec les
différentes listes ( accessoires, effets spéciaux, costumes,
véhicules...). Heureusement que le chef opérateur avait plus de 30
ans de carrière dans le milieu et ses conseils ont été TRES
PRECIEUX surtout pour un bleu à qui ont lui doit la LOURDE tâche de
diriger des professionnels qui ont l'expérience des tournages.
La pré-production pris du temps en grosse partie à cause de moi.
Etablir les plans de travail, les listes, les repérages, trouver
les hôtels, ne pas dépasser le budget qui finalement a été moindre
que prévu. Contacter les comédiens, gérer les horaires de trains,
la bouffe, ce qu'il faut sur le tournage devient vite tétanisant
pour un bleu.
Néanmoins durant cette phase de pré-production difficile et
délicate, j'ai un mois de libre et je me suis donc mis à planché
sur mon V.H.S qui était un film de genre
transgressif où c'était l'histoire d'un caméraman qui devait
réaliser un Snuff film pour un producteur pas du tout orthodoxe, le
tout filmé de manière subjective. J'écrivis donc une première
version et là laissa au coin de mon bureau, que je présenterai aux
personnes du tournage si jamais il y en a que cela interesse mais
comme le cinéma de genre est très mal vu en France cela était de
toute manière sans grand espoir.
Le tournage débuta et étant TETANISE et ULTRA-ANGOISSE je joue
mon rôle en essayant d'être logique et de tenter de ce que j'avais
appris dans les livres, même si, il n'y a pas à dire la meilleure
école est vraiment d'apprendre sur le tas. Le tournage est
difficile, on a des EMMERDES comme jamais et c'est à moi d'aller
démerdé le coup car c'est le rôle de l'assistant-réalisateur de le
faire pour que le réalisateur puisse tourner les séquences.
Le cousin fut aussi tétanisé que moi quand il a réalisé qu'il
avait une équipe à ses ordres et que point de vue finance, les
dépenses pour le film monte vite. Gérer les comédiens, le cadre et
le budget en même temps pour un vrai premier film cela est
traumatisant. Pour moi c'était idem, étant d'une timidité maladive
et très peu sûr de moi, j'avoue que quand je me levais le matin
j'avais des crises d'angoisses.
Un tournage est vraiment une aventure, et ce premier film nous à
appris énormément. Pourtant, je ne savais pas pourquoi mais j'avais
connu pire avec mon ancien job et je senti en moi une sorte de
prise de confiance car j'avais connu 1000 fois plus pire.
Il y a eu énormément d'emmerdes, problème d'avion, de
circulation, d'effets spéciaux, de mauvais temps ( pour un film
tourné quasiment en extérieur cela est très complexe quand on sait
que pour des raisons de budget les acteurs ne sont pas là que pour
longtemps alors on ne pouvait pas se permettre d'être en retard ).
Mais comme dans tous les films, si on est pas en retard alors on ne
bosse pas bien. Pour nous ce fût le cas, et cela à engendrer une
vitesse supérieure pour faire nos plans par jours. Si j'avais
établit une base de 15 plans par jours, on s'est retrouvé à en
faire 18 voir 22 pour le reste de la semaine et quand on est des
bleus je vous laisse imaginé le choc. Heureusement que le chef
opérateur était là et qu'il nous a donné un coup de main du
tonnerre car nous on aurait très mal gérer tout ça.
Mais comme le temps nous manquait, et que l'erreur est humaine,
il y eu une ENORME erreur de ma part. En effet, au milieu de la
semaine de tournage, on a fait une fête le soir avec énormement
d'alcool dans les verres, il le fallait pour décompresser. Etant
soûl comme pas possible ( le réal était pire que moi ^^), on
est rentré à 2H du matin à nos chambres pour dormir un peu et être
frais ( LOL ) pour la début de journée à 6H du matin. Bien sûr,
cela ne peut qu'arrivé qu'à moi, quand je suis rentré j'ai donc
commencé à établir les feuilles de services pour l'équipe que je
donnerai le lendemain matin. Manque de bol, mon imprimante tomba en
panne à 3H du matin et j'ai dû les refaire à la mains sur des
feuilles à imprimer, et quand vous en avez pour une quinzaine de
personnes vous avez des envie de suicide. Je me coucha à 5H du
matin et à 5H30 j'ai notre réalisateur qui se leva avec une mine
toute verte en vomissant partout. Le réveil venait de sonner et il
fallait donc aller bossé.
L'ennui, c'est qu'une actrice Parisienne reparti à la gare et on
a oublié de tourner une séquence avec elle. Etant de ma faute, car
j'ai zappé cette séquence, j'allais me faire virer du tournage.
Etrangement dans le milieu, quand quelqu'un est sur le point de se
faire virer cela est signe que vous êtes bon ! Etrange paradoxe !
Finalement je suis rester et on fini le tournage dans les temps
malgré cette séquence manquante. Il fallait donc reprendre une
journée pour tourner ce que j'appelle "les Picks-up"
c'est-à-dire les scènes et les plans supplémentaires que l'on
avait pas eu le temps de faire pour des raisons budgétaire. Sur
certains tournages, les "Picks-up" sont des convois que le
régisseur général fait pour le transport des comédiens et de
l'équipe pour aller au restaurant où sur un autre lieu de tournage.
Il y a beaucoup de termes employé dans le jargon qui n'ont pas le
même sens d'un tournage à un autre. On a donc tourner les plans
manquant et lieu de l'actrice Parisienne on a pris une doublure
pour gagner du temps et de l'argent.
Une fois ce film terminé, il y avait des véritables questions
qui se posaient pour ma part : est-ce que j'ai réussi le défi ?
Suis-je bon là dedans ?
Quand vous avez votre rêve aussi minime mais qui montre de
manière microscopique ce qu'est un tournage de long-métrage de
concrétisé, vous vous posez la question de votre avenir.
Finalement, on m'a avoué que j'avais fait un très bon boulot et
que certains professionnels n'aurait pas fait mieux. Très
gratifiant, ce tournage m'a beaucoup apporté : ma timidité quand je
bosse sur les tournages s'est envolée car il faut motivé les
troupes, et finalement on m'a explqiué que j'avais fait aussi le
travail de régisseur général, et quand j'avais du temps de libre je
faisais le clap et j'aidais la fille des effets spéciaux car je les
avais conçu avec elle.
J'ai donc conitnuer ma voie en tant que technicien sur un film
qui a été tourné à Concarneau par une femme de 65 ans qui décida de
se lancer dans son premier film. J'étais régisseur plateau et je me
suis avec le machino/électro pour apprendre le domaine du métier.
Etant plus sûr que moi, pas angoissé et non-tétanisé par
l'entrepirse qui était vraiment énorme ( tourné avec des enfants,
des animaux, à la mer, des effets spéciaux pour les fantômes, gérer
150 figurants pour une scène de bal, sans parler des costumes
d'époque de 1959 sur 15 jours de tournages ), ce film est vraiment
un condensé de cinéma. Rencontrant un assitant réalisateur
professionnel sur le tournage, il a été assez stupéfait par ce que
j'avais accompli sur File. Ce tournage est
vraiment un des plus beaux que j'ai fait, car le matin je me levais
et j'étais heureux d'aller bosser, comme quoi l'expérience ça a du
bon et nous change ! Dommage que ce ne soit pas sur le film du
cousin !
Mais qu'en est-il de mon V.H.S ? Et bien ce scénario a été
réécrit par mes soins, beaucoup de monde l'a trouvé trop dur et que
un film comme ça serait de la pure folie. Contactant certains
producteurs, tous m'ont dit que ce serait une folie. Pourtant, je
l'avais budgété à environ 800 000 € car on a la structure, le
matériel et tout ça pas la peine de partir à Paname pour exploser
le budget. Mais même à ce tarifs, cela à été refusé car comme je le
dis plus haut en France, celui qui veut faire du cinéma de genre
est tout de suite arrêté.
J'avais parler de mon prpjet à Xavier Gens le réalisateur de
Frontière(s) qui était accompagné d'Alexandre
Bustillo au Festival de Gérardmer 2008. Même si c'est par
politesse, il m'a dit de continuer de foncer en espérant qu'un jour
cela aboutit. Cela fait toujours plaisir à entendre.
J'ai donc mis ce projet en Stand-by et je me suis consacré à
d'autre projets en tant que technicien et ma curiosité m'a fait
apprendre les bases de l'éclairage, boosté mes connaissances en
matières de scénarios et d'effets spéciaux digitale.
Puis au mois de Juin, on me proposa de réaliser mon tout premier
film " Le rite " fait avec des personnes en
insertion sociale. Heureux de pouvoir enfin faire ce que je veux
faire depuis longtemps : LA REALISATION.
Ce projet fût tourné en 5 jours, et je me suis mis aussi comme
assistant-réalisateur pour pouvoir avoir le contrôle de ce qu'on
allait tourner. Le scénario n'étant pas super, je pris le projet à
coeur et réécriva les scènes en les tournant, malgré une équipe
techbique pas fameuse ( on était que 5 pro ) où le plus jeune
devait avoir 6 ans et le plus vieux 56 ans. Ainsi le film
plonge légèrment dans les films d'horreur associé de comédie.
Ce film est vraiment loin mais alors très loin d'être chef
d'oeuvre, mais quand je l'ai montré à un ami professionnel, et une
fois que je lui ai expliqué les conditions de tournages, celui-ci
m'a dit qu'il est bien. Même si cela me va droit au coeur, ce qui
compte c'est le résultat, et je suis assez surpris ( et même
content ) car la plupart du temps le film à tendance à plaire dans
le bon sens.
Et File ? Et bien ce film a été présenté au
SHORT FILM CORNER au Festival de Cannes 2008 et nous espoérons
qu'il soit présenté à Gérardmer ou au Week-end de la Peur, ainsi
que dans d'autres festivals.
Ce n'est pas les projets qui manque en ce qui me concerne, ce
qui me fend le coeur c'est que le cousin ne veut plus refaire de
film après File. Cela a été trop traumatisant pour
lui. J'espère qu'il en refera un.
Ainsi, à travers ce modeste Blog, j'espère vous montré une autre
vision des films que j'aime tant ( ou que je déteste ) en essayant
de vous expliquez comment je vois le film à travers mon humble avis
et mes modestes connaissances.
Je ne me prétend absolument pas Réalisateur de court-métrage
parce que j'en ai fait un, ni scénariste parce que j'ai écrit un
long-métrage et plusieurs court.
Ce que j'essaye de vous montrer, c'est que le domaine du
court-métrage est aussi important que le long-métrage, car si on ne
peut pas gérer un tournage, ni écrire un court-métrage comment le
faire pour un long ?
Moongaze Ginji.